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Centre de recherche de l'imaginaire Centre de recherche de l'imaginaire

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Docteurs et HDR 2011

Mis à jour le 7 mai 2014

Liste des docteurs et Habilitations à diriger des recherches 2011.

Habilitation à diriger des recherches (HDR)

Marie-Agnès Cathiard
Parole multisensorielle anticipée, incorporée et illusionnée. Du corps de la parole aux corps imaginés
HDR en sciences du langage
10 juin 2011
Directeur : Philippe Walter
Trois thèmes centraux de nos recherches menées depuis les années 1990 organisent cette habilitation. La production et la perception de la parole multimodale. La production et la perception de la Langue française Parlée Complétée pour les sourds. Et plus récemment, à partir de la proposition d’un nouveau modèle bimodal pour rendre compte de la célèbre illusion audiovisuelle de McGurk, nous avons entrepris de nous attaquer aux illusions des parties du corps de la parole, celles du visage et de la main. Ce nouveau cadre de travail s’est élargi, depuis notre rattachement en 2007 au Centre de Recherche sur l’Imaginaire, aux illusions et délusions des membres et des corps fantômes. Pour ce dernier point, nous avons pris en compte les données de la psychologie cognitive des illusions et des hallucinations, en les confrontant avec celles qui proviennent des recueils d’expériences. Notre but est ainsi plus focalement d’avancer nos connaissances sur ces récits d’expérience − « belief » narratives −, vers les bases neurales qui leur correspondent. Dans quels états cérébraux naissent donc ces ontologies fantastiques, des corps et membres fantômes ou Phantom Bodies ? Ce début du XXIe siècle vient de connaître des avancées décisives sur les états du cerveau, qui ont permis, pour deux phénoménologies − sources potentielles de plusieurs des ontologies dites supranaturelles −, de découvrir leurs fondements neurophysiologiques. La stimulation corticale, en examen épileptologique préopératoire, dans la région du carrefour temporo-pariétal droit produit des expériences dites hors-du-corps (Out-of-Body Experiences), où le Self survole son propre corps. Le corps senti et le corps vu sont ainsi dissociés, déterminant la phénoménologie d’un premier double du Self. La stimulation dans le site homologue gauche induit la sensation de la présence d’un Alien. Tandis que l’OBE laisse le corps vu et le corps senti comme propres parties du Self, la dissociation va au contraire dans le second cas jusqu’à une dissociation agentive : il s’agit bien d’un autre double, l’ombre du Self comme Alien. Ces dissociations, qui se rencontrent aussi en état dit dissocié de paralysie du sommeil, où le corps paralysé ne répond plus aux intentions motrices, nous permettent de fonder les universaux d’un imaginal onirique cortical, décrit intuitivement dans les rapports d’expériences sur les illusions, hallucinations, voire délusions, produisant des ontologies fantastiques du patrimoine imaginaire de l’humanité.

 

Thèses de doctorat

Marie-Amélie Vergez
Les imaginaires anthropotechniques. Vers une comparaison socio-culturelle des imaginaires de la modification corporelle
19 octobre 2011
Directeur : Claude Fintz
Les sociétés contemporaines mondiales sont traversées par des forces technologiques diffuses et omniprésentes, qui remettent sans cesse en perspective le rapport de l’homme à son corps. Robotique, intelligence artificielle, convergence NBIC, chirurgie esthétique ou procréation médicalement assistée sont autant de dynamiques technologiques socialement prégnantes, car véhiculées par de nombreux canaux de diffusion, qu’ils soient publicitaires, scientifiques, politiques ou économiques. Notre travail s’est intéressé aux représentations du corps et à la place du mouvement anthropotechnique au sein de quatre ensembles culturels : l’Europe, les États-Unis, la Chine et le Japon. L’objectif était de comprendre et d’identifier les éléments culturels susceptibles d’intégrer favorablement ou défavorablement les dynamiques anthropotechniques contemporaines et, en conséquence, les éventuelles modifications corporelles qu’elles induiraient, notamment via un outil de modélisation socio-culturelle.

Ana Maria Simao Saldanha
L’antagonisme entre le héros individuel et le protagoniste collectif : l’imaginaire portugais vu à travers son Histoire et à travers la littérature postérieure à la Révolution des Œillets
18 octobre 2011
Directeur : Bernard Emery
Avec cette thèse nous prétendons, à travers quelques textes de la culture historique portugaise et du roman portugais, montrer la présence de la confrontation entre les deux régimes de l’imaginaire (diurne et nocturne) décrits par Gilbert Durand dans son œuvre Les structures anthropologiques de l’imaginaire. Nous avons alors vérifié qu’à chacun de ces deux régimes correspond un imaginaire précis. Ainsi, chacun des deux imaginaires que nous avons identifiés regroupe des schémas, des archétypes et des symboles de l’un des deux régimes durandiens. Nous avons nommé l’imaginaire qui regroupe des schémas, des archétypes et des symboles du régime diurne « imaginaire du héros individuel », tandis que l’imaginaire qui regroupe des schémas, des archétypes et des symboles du régime nocturne a été qualifié d’« imaginaire du protagoniste collectif ». L’imaginaire du héros individuel est un imaginaire dans lequel le peuple, les masses, se soumettent à l’autorité d’un chef (d’un guide) héroïsé, acceptant la destinée comme une fatalité de l’aventure humaine. À l’inverse, nous considérons que l’imaginaire du protagoniste collectif est un imaginaire qui inverse les schémas et archétypes typiques du régime diurne, en valorisant la féminité et les profondeurs intimes de l’homme dans une attitude dialectique où les masses, se rebellant contre leurs oppresseurs, s’assument comme le sujet historique par excellence. Un nouveau sujet-héros est ainsi née, non plus individuel, mais collectif. Nous considérons ainsi que dans l’Histoire comme dans la Littérature nous trouvons le conflit majeur entre deux imaginaires qui s’opposent. En 1383-1385 et lors des deux Révolutions du XXe siècle (instauration de la République, en 1910, et Révolution des Œillets, en 1974), le héros individuel est supplanté par le protagoniste collectif. Le Roi solaire de Durand n’est plus le dirigeant de la nation puisque le peuple s’assume comme le protagoniste de l’Histoire. L’imaginaire dominé par le mythe sébastianiste et impérialiste, défendu au XVIIe siècle par António Vieira, n’est plus l’imaginaire prédominant, étant donné que l’imaginaire du protagoniste collectif va finalement s’affirmer collectivement.

Barbara Auger
La représentation des bateaux en Europe du Nord-Ouest entre le VIIIe et le XIIIe siècle
07 octobre 2011
Directeur : Philippe Walter
L’étude de la représentation des bateaux en Europe du Nord-Ouest ne se limite pas à la seule question iconographique et pose pour l’objectif la compréhension de l’humain dans son acte représentatif. Aussi la problématique s’intéresse-t-elle à la modalité perceptive et sa mise en culture. Comprendre la représentation des bateaux durant le Moyen Âge nord-européen s’attache ainsi à définir la verbalisation de l’objet technologique qu’est le navire, les modes de productions visuelles et les schémas mentaux qui lestent chacune des images tant mentales que visuelles d’un sens culturel. Il s’agit de donner une définition anthropologique de l’image du bateau restituée à son contexte de développement, et d’ainsi rétablir l’intentionnalité créatrice de chacun des auteurs. Image d’un processus créatif en cours, le bateau mythologique pose donc les questions d’un comportement humain fondamental, aussi est-il important de baser cette analyse sur un questionnement épistémologique. Il s’agit de véritablement appréhender le mouvement créatif humain.

Sorin Ovidiu Baran
Motifs préchrétiens dans le conte populaire roumain
24 septembre 2011
Directeurs : Mircea Braga et Philippe Walter (thèse en cotutelle avec la Roumanie) À paraître sous le titre :
Motifs préchrétiens dans le conte populaire roumain. La nostalgie du zmeu, Sarrebrück, Éditions universitaires
européennes, 2012.

Nicolas Schunadel
Les schèmes anxiologiques de l’imaginaire : de l’affectivité transcendantale aux dynamismes de l’imaginaire
21 septembre 2011
Directeur : Philippe Walter
Cette thèse propose d’étudier l’imaginaire de la peur en vue d’une compréhension et d’une anticipation du caractère anxiogène de la technique. Les technologies émergentes (nanotechnologies) semblent très clairement réveiller de nombreuses craintes : peur d’une catastrophe environnementale, d’une catastrophe sanitaire, de manipulations corporelles aliénantes, de la violation de la vie privée, du contrôle totalitaire des sociétés, etc. L’ensemble de ces « peurs techniques » s’inscrit dans un imaginaire. En outre, comme le suggèrent les travaux de Gilbert Durand ou Paul Diel, il semble que l’on puisse envisager la peur comme un principe structurant de l’imaginaire. En premier lieu, cette thèse étudiera l’imaginaire de la peur et, partant, tentera d’établir une archétypologie : classement des schèmes, archétypes et symboles de la peur, mise en évidence de leur dynamique structurante. La technique, prise comme expérience transformationnelle entre chaos et cosmos, paraît véhiculer des ensembles symboliques anxiogènes spécifiques. Elle serait par conséquent toujours porteuse de peurs et d’angoisses. C’est au cœur de la notion de « technique », et avec l’appui de notre typologie, qu’il nous faudra puiser la spécificité des peurs et angoisses véhiculées. Il s’agira alors de spécialiser l’archétypologie autour des « peurs techniques ». Délibérément inscrite dans les perspectives de la recherche sur l’imaginaire, l’étude se voudra résolument pluridisciplinaire : un apport sociologique sera envisagé afin de situer l’étude dans les contextes technologiques, sociaux et contestataires grenoblois au niveau du pôle de compétitivité micro- et nanotechnologies.

Maya Hanna
Alchimie de la substance dans l’œuvre de Salah Stétié
10 juin 2011
Directeur : Claude Fintz
La poésie française doit-elle ses avancées contemporaines à une certaine « alchimie verbale » ? En convoquant Hermès dans son œuvre, Salah Stétié offre une visibilité à la problématique de l’intégration de l’alchimie dans le champ de la poésie. Par cette voie, nous projetons d’inaugurer une facette de l’œuvre de Salah Stétié qui n’a fait l’objet d’aucun discours critique jusqu’à présent, puisque les exégètes ont toujours ramené cette poésie à l’influence de la tradition musulmane, délaissant la saveur de la substance au profit de l’apparence et de la doctrine. En même temps, ce sera l’occasion de réhabiliter, voire de redéfinir la science d’Hermès, eu égard à cette alliance poético-alchimique. La première partie entreprend l’état des lieux, en défrichant le terrain hermétique, son statut par rapport aux sciences de l’homme et son apport à la poésie. Après ce cadrage théorique, les deux parties suivantes s’intéresseront à l’usage de l’hermétisme par Salah Stétié. L’élaboration d’un nouveau langage implique profondément l’alchimie de la substance. D’une part, l’entente opérée par le poète, fils d’Hermès, entre l’Orient et l’Occident se traduit par un français croisé d’arabe. D’autre part, les images mentales renvoient à un processus souterrain qui, mettant en jeu les forces de l’inconscient, la chair organique et cosmique, la musique des mots, le souffle du lecteur, remet en perspective des concepts littéraires et des notions méthodologiques (francophonie, hermétisme, approches critiques…).

Abol Ghasem Ghiasizarch
Gènes et mythes littéraires : pour un modèle biologique du dynamisme mythique
14 janvier 2011
Directeur : Philippe Walter
La présente recherche est une approche transdisciplinaire et pluridisciplinaire, qui a pour objet principal la réévaluation et la redéfinition du concept du mythe littéraire, en abordant la vision des sciences biologiques, plus précisément la génétique dont les instruments et concepts servent de notre point de vue à la reconfiguration des structures déjà classiques de l’imaginaire. Nous avons comme objectif de proposer une définition du mythe qui rend compte de son évolution dans les cultures, non pas une définition statique, immobile, mais une définition qui suppose l’idée de l’évolution. Le biologiste anglais, Richard Dawkins, écrit en 1976 Le Gène égoïste, dans lequel il explique que « toute vie évolue en fonction des chances de survie des entités répliquées ». Selon lui, le gène est la principale unité de sélection dans l’évolution. R. Dawkins invente aussi le concept de « mème » comme étant l’unité de l’évolution culturelle par analogie avec le gène. Donc, il estime qu’il y a un rapport très fort entre la génétique et la culture humaine, autrement dit entre le monde physique, le cerveau humain et l’imaginaire. Claude Lévi-Strauss, Roger Caillois, Gilbert Durand et Richard Dawkins voyaient une liaison forte entre l’imaginaire et la biologie. Mais leurs recherches n’aboutissent pas à présenter un modèle concret. Ce que nous essayerons de présenter dans notre recherche est un nouveau parcours vers ce but, avec le nouvel outil de la génétique. Nous étudions quelque domaine crucial de l’imaginaire tel que l’origine ou le Big Bang de l’imaginaire, la frontière dans l’imaginaire et le réel, le tableau des gènes littéraires et les codes des gènes littéraires. C’est une sorte de redécouverte de l’imaginaire basé sur le gène et mythe littéraire. Pour prouver notre point de vue, nous appliquons la méthode du repérage des gènes littéraires sur un récit. Cette recherche transdisciplinaire veut mettre en évidence que le mythe, comme il est défini par les mythologues, les ethnographes, les anthropologues, etc., n’est pas seulement un phénomène culturel, religieux, historique, ou déterminé par les représentations littéraires, mais il est en fait déterminé par les structures génétiques qui préparent l’homme à la propension et à la compétence de raconter des « histoires »/des « récits ».
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